Ce qu’il faut savoir sur la vitamine D
- 15 microgrammes par jour : la référence nutritionnelle de l’Anses pour un adulte, portée à 20 microgrammes après 70 ans.
- Le hareng fumé et l’huile de foie de morue figurent parmi les aliments les plus concentrés en vitamine D.
- Environ 7 % des adultes français présentaient une carence lors de l’étude Esteban de Santé publique France.
- La Haute Autorité de Santé ne recommande pas de dosage sanguin systématique en dehors de situations précises.
- Au-delà de 100 microgrammes par jour de façon prolongée, le risque d’hypercalcémie augmente.
5 faits vérifiés5 sourcesmis à jour le 4 septembre 2026
Deux origines
Ta peau la fabrique au soleil, ton assiette en apporte le reste.
Le bon dosage
Une référence chiffrée existe, et elle varie avec l’âge.
Qui est concerné
Certains profils cumulent les facteurs de risque, souvent sans le savoir.
Pas d’excès
Plus n’est pas toujours mieux : un plafond existe aussi.
Quinze microgrammes par jour : c’est la référence que l’Anses fixe pour un adulte depuis son avis de 2021. Sur le terrain, je constate que peu de monde connaît ce chiffre, et encore moins sait dans quelle assiette aller le chercher. Cet article te donne les sources réelles de vitamine D, la dose qui compte vraiment, et les signes qui doivent t’alerter.
Dans quels aliments trouve-t-on le plus de vitamine D ?
Peu d’aliments en contiennent naturellement beaucoup. Les poissons gras dominent largement le classement, loin devant le reste de l’assiette. Le hareng fumé et le maquereau arrivent en tête, suivis du saumon et de la sardine. Le jaune d’oeuf en apporte une petite quantité, tout comme certains champignons exposés aux UV après récolte.
| Aliment | Teneur pour 100 g |
|---|---|
| Huile de foie de morue | 250 microgrammes |
| Hareng fumé | 22 microgrammes |
| Sardine | 14 microgrammes |
| Maquereau cuit | 12 microgrammes |
| Saumon cuit | 9 microgrammes |
| Oeuf dur | 2 microgrammes |
Regarde ce tableau et tu comprends vite le problème : même en multipliant les portions de saumon, tu restes loin des 15 microgrammes quotidiens. Une portion de 100 g de saumon cuit couvre environ 60 % du repère journalier, pas plus. Manger varié aide, mais l’alimentation seule couvre rarement l’ensemble du besoin en hiver, quand le soleil manque.

C’est justement cette limite qui pousse beaucoup de monde vers un complément en période hivernale. Avant d’en arriver là, autant explorer l’apport réel de ton assiette : en variant poissons gras, oeufs et quelques champignons, tu montes déjà une bonne partie du chemin. Le reste vient du soleil, et c’est le sujet du prochain point.
Pourquoi ce nutriment compte-t-il autant pour ta santé ?
Elle sert avant tout à fixer le calcium sur tes os : sans elle, l’intestin absorbe mal ce minéral, et le squelette en paie le prix à long terme. Son rôle ne s’arrête pas là. Elle participe aussi à l’immunité innée, cette première ligne de défense de ton organisme face aux infections courantes.
Deux tiers environ de cet apport viennent en réalité de ta peau, sous l’effet des rayons UVB du soleil, et non de ton assiette. C’est un point que je trouve mal connu : on parle beaucoup d’aliments, rarement d’exposition solaire, alors que c’est la source principale chez la plupart des adultes en été. En hiver, sous nos latitudes, la synthèse cutanée chute fortement, ce qui explique pourquoi les carences se concentrent sur cette période.
📏 Environ 7 % des adultes français présentaient une carence en vitamine D lors de la dernière étude Esteban de Santé publique France, menée entre 2014 et 2016.
Je trouve ce chiffre révélateur : la carence franche concerne une minorité, mais l’insuffisance, elle, touche bien plus de monde en sortie d’hiver. La nuance compte, et j’y reviens plus bas avec les vrais signes à surveiller.
Combien en consommer chaque jour ?
La référence change selon l’âge. Un adulte de moins de 70 ans vise 15 microgrammes par jour, soit 600 unités internationales. Passé 70 ans, l’Anses recommande de monter à 20 microgrammes, car la peau vieillissante la synthétise moins bien au contact du soleil. Ces repères, fixés par l’avis de 2021, remplacent d’anciennes valeurs plus basses.
Ce n’est pas un plafond à atteindre coûte que coûte chaque jour : elle se stocke dans les tissus graisseux, et ton organisme puise dedans sur plusieurs semaines. Une alimentation régulière en poisson gras, associée à une exposition solaire raisonnable au printemps et en été, suffit souvent à bâtir cette réserve avant l’hiver.

Pour visualiser ces repères et voir concrètement quels aliments privilégier au quotidien, la vidéo ci-dessous détaille une sélection utile.
Retiens surtout ceci : la dose n’est pas figée. Une femme enceinte, une personne âgée ou quelqu’un à la peau mate n’a pas exactement les mêmes besoins, et j’y reviens dans la section suivante.
Comment repérer une carence en vitamine D ?
La carence reste souvent silencieuse au début. Les signes les plus fréquents passent souvent inaperçus et se confondent facilement avec une simple fatigue de saison :
- Fatigue persistante malgré un sommeil correct
- Douleurs osseuses ou musculaires diffuses
- Faiblesse musculaire, notamment dans les jambes
- Infections à répétition en période hivernale
Certains profils cumulent les facteurs de risque : les personnes de plus de 65 ans, celles à la peau mate ou foncée qui en synthétisent moins au soleil, les femmes ménopausées, et toute personne peu exposée à la lumière du jour. Un manque de fer donne des symptômes proches, ce qui brouille parfois le diagnostic sans prise de sang.
Sur ce point, la Haute Autorité de Santé est claire depuis 2013 : elle ne recommande pas de dosage sanguin systématique pour tout le monde. Elle le réserve à des situations précises, comme le rachitisme, l’ostéoporose traitée, les chutes répétées chez la personne âgée ou le suivi après une chirurgie bariatrique. Un dosage hors de ces cas n’apporte généralement pas d’information utile pour ta prise en charge.

Si tu présentes plusieurs de ces signes en même temps, parle-en d’abord à un médecin plutôt que de te supplémenter seul à forte dose. Un professionnel de santé évalue si un dosage, puis une supplémentation ciblée, sont justifiés dans ton cas.
Peut-on en prendre trop ?
Oui, et c’est un point trop souvent passé sous silence. Contrairement à la vitamine C, la vitamine D se stocke dans l’organisme : un excès prolongé ne s’élimine pas simplement dans les urines. Au-delà de 100 microgrammes par jour sur la durée, le risque d’hypercalcémie augmente, avec des conséquences réelles sur les reins et le coeur.
Ce risque touche surtout les compléments mal dosés, pas l’alimentation : aucun aliment courant n’en apporte assez pour provoquer un excès à lui seul. Avant de cumuler plusieurs produits, vérifie leur dosage exact : certains associent déjà cette vitamine et de la vitamine K2, et empiler les sources augmente vite la dose totale sans que tu t’en rendes compte. Un comprimé quotidien dosé à 25 microgrammes, ajouté à un second complément déjà pris pour l’immunité ou les articulations, dépasse en quelques semaines la limite de sécurité, surtout chez une personne âgée qui cumule plusieurs produits sans en parler à son pharmacien.
Mon conseil, simple et honnête : privilégie une dose adaptée à ton profil, prescrite ou conseillée par un professionnel, plutôt qu’une mégadose choisie au hasard sur une étagère. C’est aussi vrai pour d’autres nutriments à effet cumulatif. Le magnésium ou la vitamine A suivent la même logique de prudence, et je préfère toujours une supplémentation ciblée à un empilement de gélules choisies sans avis, surtout quand plusieurs boîtes s’accumulent dans la même armoire à pharmacie sans qu’on additionne vraiment les doses. Avant de conclure, un dernier repère mérite d’être posé sur l’apport en zinc, un autre micronutriment où l’excès se paie parfois cher.
FAQ sur la vitamine D
Quel aliment concentre le plus de vitamine D ?
L’huile de foie de morue arrive largement en tête, avec environ 250 microgrammes pour 100 g, suivie du hareng fumé autour de 22 microgrammes.
À quoi reconnaît-on une carence en vitamine D ?
Fatigue persistante, douleurs osseuses et faiblesse musculaire reviennent le plus souvent. Un dosage sanguin, recommandé par la HAS uniquement dans des cas précis, confirme le diagnostic.
Comment corriger rapidement un déficit en vitamine D ?
Une supplémentation encadrée par un professionnel de santé corrige un déficit en quelques semaines, avec une dose adaptée à ton âge et à ton taux mesuré.
Les fromages sont-ils une bonne source de vitamine D ?
Non : la plupart des fromages n’apportent qu’environ 1 microgramme pour 100 g, très loin derrière les poissons gras.
Sources
- AnsesVitamine D : pourquoi et comment assurer un apport suffisant
- AnsesAvis relatif à l’actualisation des références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2021)
- Santé publique FranceLes résultats de l’étude Esteban
- HASLa HAS ne reconnaît pas d’utilité au dosage de vitamine D en routine
- VidalVitamine D (calciférols) – Complément alimentaire






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